Épilogue du voyage-tournage 3, septembre, 2006
L’humidité qui prend à la gorge; les visages tous identiques qui deviennent d’heure en heure plus singuliers les uns que les autres; la circulation chaotique, quatre sur une moto, sans casque ni feu rouge; les petits tissus bariolés sur les visages, voiles trendy pour les filles urbaines coquettes qui ne veulent pas bronzer; les fruits gargantuesques qui fréquentent innocemment des grenouilles sans peau encore vivantes sur les étales des marchés; les trottoirs éventrés, les pistes rouges, les bosses et les flaques; la pluie quotidienne, bains et douches populaires réglés sur 25°; les moines bouddhistes mandiants dans la rue, dignes et nobles, ouvrant en retour leur pagode à tous; le luxe pour pas cher, avec massage de bite en option pour ceux qui jouent les prolongations; la fierté d’un peuple qui a vaincu au vingtième siècle les empires français et états-uniens, et tous les autres auparavant; un peuple entier qui culmine d’ailleurs a un mètre soixante quinze à tout péter, idéal pour un mec comme moi; “motorbike! motorbike!” à chaque coin de rue; l’intimité sur la place publique, des maisons de quatre mètres de large sur quinze de haut; les bars à filles de Saïgon aussi nombreux que les machines à sous à Las Vegas; des employés qui travaillent 24/7, sans dimanche ni jour férié, pour 50 dollars par mois; des poissons grillés entiers à déguster à la baguette; des petites 125 par millions, parce que marcher dans la rue ça fait pauvre; le delta du mekong apocalypsnaoïsé à jamais alors que le film a été tourné ailleurs; les vietnamiens et les cambodgiens, indiférrents à la caméra, cachée ou non, comédiens géniaux d’un film à venir; des souvenirs à faire péter le crâne; le monde n’est pas un village, le travail n’est pas une fin en soi.
Atterrisage forcé. J’ai un moteur qui veut plus démarrer. C’est normal, 30 jours à l’autre bout du monde pour créér avec Zz, ça redimensionne tout. Il faut re-rentrer dans la boite, bien remplir les angles droits et repartir pour une année. Dur-dur. Y a pire






























