Nostalgophilie. Les années 80 maintenant, et son cortège de débats passionnants : faut-il aimer les années 80? Faut-il les revivre, les détester, le remixer? Après les sixtize et les seventizes, la oldie touch concon s’abat sur les eyetize.
Futurophobie. Nos années zéro, si denses et pleines de sens, nées un onze septembre au matin dans le chaos d’un monde défait à construire, tout le monde s’en branle. La France n’aime pas le présent et méprise l’avenir. C’est un pays partimonial, qui puise dans son passé l’énergie d’avancer. La commémoration systématique de toute chose en est la preuve.
J’aime mon époque, je veux la comprendre et en faire partie. Altermondialisme et mondialisation, Internet et réseaux sociaux, développement durable et rapports nord-sud; les chantiers du monde sont là et nous avons la tête ailleurs, le cerveau rivé sur le rétro.
Syndrome d’une société infantile, gâtée de paix et de prospérité, qui sublime le confort douillet de sa chambre d’enfant.
On commémorera les années zéros dans dix ans. Un peu comme le mec qui va filmer ses vacances au lieu de les vivre pour pouvoir les regarder à son retour. On vit dans un magazin de souvenirs. Casimir, je t’encule.
Image du graphiste Nigel Evan Dennis, qui incarne à merveille l’iconographie des années zéro.
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